Pour Ceux qui Veulent Arrêter de Fumer

Sans véritable décision d’arrêter

J’avais déjà expérimenté différentes façons d’arrêter de fumer. Avec des chewing-gums, des patches (ou les deux en même temps…) et, ensuite, la cigarette électronique. J’ai utilisé cette dernière pendant deux ans avant de recommencer progressivement à fumer, en particulier à cause de la perspective d’une interdiction de la cigarette électronique calquée sur celle du tabac.

Chaque arrêt provoquait un combat, un affrontement entre la volonté de ne pas fumer et le désir de le faire. La tentation… Je vivais l’arrêt comme une privation difficile à supporter. La privation d’un plaisir qui rythmait de nombreux moments de ma journée, depuis la première cigarette du matin jusqu’à la dernière avant de dormir. Sans parler de celles qui accompagnaient le café après les repas… Avec ce moment de convivialité avec les autres fumeurs, ce moment de partage avec ceux que l’on aime… Un instant de communion…

Une rupture sans douleur

Que de ruptures! Mais cette fois, pourtant, pas trace de douleur. Pas de tension intérieure ni de lutte contre le désir de fumer. Le sentiment inverse, même. Ce qui me semble difficile et même impossible à concevoir, c’est de fumer… Il faudrait que je me force pour allumer une cigarette. Et je n’en ai pas envie.

Au bout de trois jours, le manque physique de nicotine a disparu. Ensuite, des moments de souvenirs du tabac sont arrivés deux ou trois fois par jour. Mais, comment dire, sans véritable désir. Etrange sensation. Une envie sans désir. Un réflexe stérile. Et qui s’éteint assez vite. Une envie sans suite, sans fondement et donc sans prise, dans tous les sens du terme.

Que s’est-il passé pendant cette séance? Difficile de ne pas se poser la question au vu du résultat.

Du côté du patient, l’expérience se traduit par la sensation que quelque chose a changé en profondeur. J’ai envie de dire physiquement, et non seulement psychologiquement. Comment expliquer, en effet, l’absence d’envie de fumer? Car c’est sans doute là le résultat le plus remarquable de l’hypnose appliquée au tabac. Il ne s’agit pas d’un arrêt dans la douleur et la privation. Mais d’un arrêt dans la sérénité et un sentiment de liberté retrouvée. Tout se passe comme après une opération chirurgicale qui supprime une tumeur ou toute autre obstacle au bon fonctionnement de l’organisme. Après la séance, cette gêne a disparu. Et l’on ne ressent pas l’absence d’une gêne. On l’oublie très vite…

Pas besoin de volonté

Comment un plaisir dont on ne pouvait pas se passer peut-il se transformer aussi rapidement en une gêne que l’on oublie facilement? Les mots qui restent les plus ancrés dans ma mémoire, même s’ils commencent à s’estomper, sont ceux de douleur, de volonté et de morale. Ce sont ceux qui m’ont touché mais je conçois qu’une telle expérience soit différente pour chaque individu. Il peut aussi y avoir des points communs. Rendre au tabac son statut de poison, non pas au niveau de l’intellect mais au niveau physique, c’est sans doute l’une des clés de l’action de l’hypnose.

Mais qui agit, au fond? L’hypnotiseur, le patient, l’hypnose? Le tout sans doute. L’hypnotiseur induit, cela ne fait pas de doute. L’état d’hypnose ouvre la voie. Le patient opère. C’est bien lui qui modifie en profondeur sa perception du tabac.

Il adhère aux propos de l’hypnothérapeute, bien entendu. Mais ces propos n’ont rien de bien original. Dire que le tabac est un poison qui fait mal au corps n’est pas une révélation. Combien de fois l’avais-je entendu? Le point fort, j’y reviens, réside dans la voie ouverte par le non recours à la volonté et à la morale. C’est là une véritable contrepied par rapport au discours habituel sur l’addiction.

Faire appel à la volonté revient à combattre une faiblesse. La morale, elle, fait référence à la vie en société. Dans les deux cas, nous sommes les coupables. Et il semble que la culpabilisation ne favorise pas la rupture avec le tabac. En revanche, la perception d’une douleur que l’on s’impose à soi-même, elle, fonctionne. Elle fraye un chemin nouveau ou oublié. Comme une porte de sortie qui restait masquée jusque-là. Une fois qu’elle est révélée, il suffit de tourner la poignée et la porte s’ouvre. En réalité, elle n’était pas fermée et la franchir est très facile. De l’autre côté, le tabac a disparu. La notion même de tentation s’est envolée. La tentation de quoi?

Remise à zéro

L’hypnose induirait un état de confusion mentale qui favoriserait le relâchement des tensions. D’où, une sorte de remise à zéro, un «reset» comme pourraient le dire les informaticiens.

De fait, certaines tensions disparaissent. Le besoin de fumer en fait partie. Il résulte de tensions accumulées au fil du temps et vis à vis desquelles le tabac s’est transformé en solution apparente. Sa nécessité s’impose via le sentiment que, sans lui, les choses seraient insupportables. Le tabac, c’est ce petit îlot de plaisir préservé au milieu d’une mer hostile. Où le fragile esquif que l’on ne saurait quitter sous peine de noyade. L’ultime bouée…

Ce que révèle la séance d’hypnose, c’est que toutes les perceptions concernant le besoin du tabac et ce qu’il apporte relèvent de l’illusion. Tout ce passe comme si, brutalement, le décor changeait. Comme si, en poussant une porte, on se retrouvait ailleurs. En fait, cet ailleurs est familier. Dans mon cas, il s’agit d’un flashback qui ressemble à ceux du cinéma. Je me suis retrouvé projeté à l’époque où j’ai commencé à fumer, il y a longtemps… Les images venues de ce passé moins oublié que je ne le pensais étaient d’une netteté photographique. Les sensations issues de cette époque aussi. Là encore, pas de douleur. Le sentiment d’un raccordement. Un branchement sur ce que j’étais à l’époque et que j’ai, en partie, délaissé depuis.

Bienfaits collatéraux

Oui, il s’agit vraiment d’une remise à zéro de certains compteurs internes. Bien entendu, c’est une image… Le temps écoulé, tout comme ce qui s’est passé entre ma première cigarette et le maintenant n’a pas disparu. En revanche, certains effets négatifs de cette période sur moi, des tensions, des contraintes, se sont relâchées. Avec elles, le désir de fumer a disparu. Mais pas que…

On dirait que le cerveau fonctionne comme le corps (surprise?). Si l’on touche à quelque chose dans l’organisme, les répercussions ne sont pas limitées à la zone directement concernée. Le recours à l’hypnose pour arrêter de fumer engendre des phénomènes secondaires importants. Il s’agit de perturbations physiques qui peuvent ressembler à ces fameux effets indésirables qui accompagnent la plupart des médicaments. Avec une différence profonde. Les perturbations viennent de l’intérieur du corps et je les ressens comme à la fois naturelles, temporaires et bénignes quand elles ne sont pas directement bénéfiques.

En réalité, toutes les fonctions du corps sont affectées. Certaines, comme le sommeil ou la digestion, sont simplement perturbées. D’autres sont renforcées. Comme l’énergie, la réactivité ou le dynamisme. Avec un cadeau en prime: du temps! En fait, fumer prend beaucoup de temps. Grâce à l’arrêt du tabac, on se retrouve en avance à un rendez-vous sans le moindre effort. D’autres conséquences? Difficile de toutes les analyser avec seulement trois semaines de recul. J’y reviendrai d’ici quelques semaines si nécessaire. D’ores et déjà, cette expérience avec l’hypnose me conduit à penser que:

  • le bon moment pour arrêter, c’est… maintenant
  • réussir à arrêter ne fait pas appel à la volonté
  • les effets collatéraux sur l’organisme et le moral sont positifs
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